7 juillet 2026

    K-Beauty : hydroquinone, filtres UV et perturbateurs endocriniens — ce que dit l’enquête Vert 2026

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    K-Beauty : hydroquinone, filtres UV et perturbateurs endocriniens — ce que dit l’enquête Vert 2026

    Enquête Vert / consoGlobe (juillet 2026) sur les ingrédients toxiques présents dans certaines références coréennes vendues en France : filtres UV, butyloctyl salicylate, BHA, phtalates. Marques citées et bons réflexes.

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    Une enquête du média Vert, publiée début juillet 2026 et relayée par consoGlobe, a passé au crible une cinquantaine de cosmétiques coréens vendus en France. Plusieurs marques très présentes en magasin — Erborian, Torriden, Beauty of Joseon, Some By Mi, Laneige, COSRX, Dr. Jart+, ainsi qu’Eliza Jones et Skin Bliss chez Action — contiennent des substances jugées problématiques par les toxicologues interrogés. La France reste le premier marché européen de la K-Beauty, ce qui place directement les consommateurs hexagonaux face à ces produits.

    La Corée du Sud est devenue en 2025 le deuxième exportateur mondial de cosmétiques, derrière la France, avec plus de 5 milliards d’euros de chiffre d’affaires générés dans l’Hexagone en 2025 selon une étude Grand View Research citée par Vert. La diffusion massive de ces références sur TikTok et leur mise en avant chez Sephora, Nocibé, Action, Amazon et dans les boutiques spécialisées (MiiN, Korean Skincare) ont fait de la K-Beauty un réflexe de salle de bain — y compris chez les 8-12 ans, selon Vert.

    Filtres UV et perturbateurs endocriniens : la note 0/100 sur Yuka

    Sur les crèmes CC Dull correct et CC Eye d’Erborian, commercialisées chez Sephora et sur Amazon, l’application Yuka a attribué la note minimale (0/100). L’analyse a identifié sept substances à risque, dont quatre filtres UV : éthylhexyl salicylate, éthylhexyl méthoxycinnamate (octinoxate), nano-dioxyde de titane et nano-oxyde de zinc. Les deux premiers sont suspectés d’être des perturbateurs endocriniens, selon l’enquête. L’éthylhexyl salicylate est par ailleurs classé par l’Echa (l’agence européenne des produits chimiques) comme « susceptible de nuire au fœtus » et « très toxique pour la vie aquatique ».

    Le nano-dioxyde de titane est interdit comme colorant alimentaire dans l’Union européenne depuis 2022 et considéré comme « peut-être cancérogène pour l’homme » par inhalation d’après le Centre international de recherche sur le cancer (Circ). Le nano-oxyde de zinc est, lui, réputé nocif pour les algues et les coraux selon une étude parue dans PMC.

    Contacté par Vert, le service de presse d’Erborian a indiqué que « tous les ingrédients utilisés sont autorisés en cosmétique conformément aux cadres réglementaires applicables » et que des reformulations des crèmes CC Eye et CC Dull correct sont prévues pour 2027.

    Butyloctyl salicylate : un ingrédient « utilisé de manière anarchique »

    Plusieurs marques bien installées chez Sephora — Erborian (CC Red correct, BB crème au ginseng, CC crème à la centella asiatica), le sérum solaire Torriden et l’écran solaire Relief Sun : Aqua Fresh Rice + B5 de Beauty of Joseon — utilisent du butyloctyl salicylate. Or, selon l’Echa, cette substance est suspectée d’être reprotoxique et susceptible de nuire au fœtus en cas d’inhalation. Le Cosmetic Ingredient Review (CIR) américain la considère par ailleurs comme potentiellement perturbateur endocrinien.

    Interrogée par Vert, Céline Couteau, maîtresse de conférences et spécialiste des cosmétiques à l’université de Nantes, estime que les industriels « utilisent [le butyloctyl salicylate] de manière anarchique […] qui font du hors-piste », la molécule n’étant pas inscrite sur la liste européenne des filtres UV officiellement autorisés. Torriden et Beauty of Joseon ont répondu que leurs produits sont « commercialisés conformément à la réglementation européenne sur les cosmétiques ».

    Conservateurs, phénoxyéthanol, BHA et BHT

    La crème contour des yeux Retinol Intense Advanced Triple Action de Some By Mi contient du BHA, classé par le Circ comme « cancérogène possible pour l’homme ». Un masque de nuit Laneige est, lui, mentionné pour la présence de BHT. COSRX, Dr. Jart+, ainsi qu’Eliza Jones et Skin Bliss (vendues chez Action) sont citées par Vert et consoGlobe pour la présence de phénoxyéthanol, un conservateur courant mais surveillé dans les formules pour peaux sensibles.

    Hydroquinone, phtalates et métaux lourds : ce que dit l’enquête Vert

    Sur un spectre plus large, l’enquête de Vert — relayée par consoGlobe — signale la présence dans certains produits coréens d’hydroquinone (interdite dans les cosmétiques en Europe depuis 2001), de phtalates (DBP, DEP, utilisés comme fixateurs de parfum et classés perturbateurs endocriniens) ainsi que de traces de métaux lourds (plomb, arsenic, cadmium) dans certains pigments et poudres. Le cadre réglementaire sud-coréen autorise, selon les données compilées par Vert, quelque 1 200 substances interdites en Europe, là où le règlement européen (CE) n°1223/2009 impose une évaluation préalable stricte.

    Ce que les consommateurs peuvent faire concrètement

    L’enquête ne dit pas qu’il faut bannir tous les cosmétiques coréens : plusieurs marques restent conformes au droit européen et les formulations évoluent. Quelques réflexes, cités par Vert et les expertes interrogées, aident à faire un tri utile :

    • Vérifier la composition via une application indépendante (Yuka, INCI Beauty) et lire la liste INCI avant achat, en particulier pour les solaires, les CC/BB crèmes et les contours des yeux.
    • Pour les enfants, les adolescents, les peaux atopiques et les femmes enceintes, redoubler de prudence : la peau jeune laisse passer plus facilement les substances, et le fœtus est particulièrement sensible aux perturbateurs endocriniens, rappelle la toxicologue Zoé Kerlo (Yuka).
    • Privilégier les produits portant des certifications biologiques européennes (Ecocert, Cosmebio) lorsqu’elles existent.
    • Réaliser un test cutané préalable (dans le pli du coude) sur 24 à 48 heures pour les peaux réactives, et signaler toute réaction indésirable à un centre de pharmacovigilance.
    • Ne pas superposer inutilement plusieurs couches de soins : plus les produits s’accumulent, plus l’exposition cumulée augmente.

    Ressource utile. Pour décrypter vous-même les étiquettes de vos cosmétiques et repérer rapidement les substances indésirables, plusieurs ouvrages spécialisés sont disponibles. Voir les guides INCI sur Amazon.

    Quel cadre réglementaire pour les ventes en ligne ?

    L’Union européenne restreint depuis 2005 plusieurs phtalates, mais les achats directs sur des plateformes hors circuit officiel échappent en partie aux contrôles systématiques. La redirection des flux d’exportation coréens vers l’Europe — accentuée par la hausse des droits de douane américains — intensifie, selon Vert, la pression sur les autorités sanitaires européennes, qui peinent à analyser l’intégralité des importations.

    Cet article repose sur l’enquête publiée par Vert le 2 juillet 2026 et reprise par consoGlobe le 6 juillet 2026. Il ne remplace pas l’avis d’un dermatologue : en cas de réaction cutanée ou de doute sur un produit, consulter un professionnel de santé.

    Sources

    • Vert — Stars de TikTok, les cosmétiques coréens pour une « beauté naturelle » contiennent des substances toxiques à risque pour la santé (2 juillet 2026) : https://vert.eco/sante-environnement/stars-de-tiktok-les-cosmetiques-coreens-pour-une-beaute-naturelle-contiennent-des-substances-toxiques-a-risque-pour-la-sante/
    • consoGlobe — Cosmétiques coréens : le revers toxique de la K-Beauty (6 juillet 2026, par Anton Kunin) : https://www.consoglobe.com/cosmetiques-coreens-ingredients-toxiques-cg