La K-Beauty vient de franchir un cap industriel qui dépasse largement l’effet de mode. Selon des données du ministère sud-coréen de la Sécurité des denrées alimentaires et des médicaments relayées vendredi 22 mai par Yonhap et par Vietnam.vn, la Corée du Sud a dégagé en 2025 un excédent commercial de 10,1 milliards de dollars dans les cosmétiques et a porté ses exportations à 11,4 milliards. Ce niveau lui permet de dépasser les États-Unis et de devenir le deuxième exportateur mondial du secteur, derrière la France.
Pour le public francophone qui suit déjà la beauté asiatique à travers les routines de soin, les protections solaires coréennes ou les textures ultra-légères devenues virales sur les réseaux, ce chiffre raconte quelque chose de plus profond: la K-Beauty n’est plus seulement une tendance culturelle portée par les dramas, la K-pop ou TikTok. Elle est désormais un pilier commercial majeur de l’économie sud-coréenne, avec un poids concret dans la balance extérieure du pays.
À retenir : la France reste première avec 24,3 milliards de dollars d’exportations de cosmétiques, la Corée du Sud monte à 11,4 milliards, les États-Unis reculent à 10,8 milliards, et les soins de la peau représentent à eux seuls 74,7 % des ventes extérieures coréennes.
Un record commercial qui confirme la maturité de la K-Beauty
D’après Yonhap, l’excédent commercial du secteur a progressé de 13,5 % sur un an. Le ministère sud-coréen souligne qu’il s’agit de la première fois que cette filière dépasse le seuil des 10 milliards de dollars d’excédent. Le même bilan montre aussi que la dynamique ne date pas d’hier: la Corée du Sud n’affichait qu’un excédent de 90 millions de dollars en 2012, avant de grimper à 6,6 milliards en 2022, 7,1 milliards en 2023, puis 8,9 milliards en 2024.
Autrement dit, la progression actuelle ne repose pas sur un simple pic ponctuel. Elle s’inscrit dans une montée en puissance durable, nourrie par un écosystème complet: grands groupes comme Amorepacific ou LG H&H, laboratoires très réactifs, sous-traitants capables de lancer vite de nouvelles formules, et force de diffusion culturelle qui rend les codes coréens immédiatement lisibles à l’international.
Pourquoi cette performance intéresse aussi les lectrices et lecteurs français
Le sujet peut sembler macroéconomique, mais il touche directement l’offre visible en France. Quand un pays gagne du terrain à ce point sur les marchés mondiaux, cela signifie généralement plus de marques disponibles, plus de références exportées, et une concurrence renforcée sur les segments où la K-Beauty est déjà forte: hydratation légère, réparation de la barrière cutanée, sérums ciblés, cushions, masques et surtout solaires de nouvelle génération.
Le rapport relayé par Vietnam.vn montre d’ailleurs que les soins de la peau restent de très loin la locomotive du secteur, avec 8,53 milliards de dollars d’exportations, soit 74,7 % du total. Le maquillage suit à 1,51 milliard, soit 13,2 %. À elles seules, ces deux familles concentrent près de 88 % de la valeur exportée. Ce n’est pas anodin: cela confirme que la réputation internationale de la beauté coréenne repose d’abord sur le soin, bien plus que sur le maquillage pur.
Les États-Unis passent devant la Chine comme premier marché
L’autre signal fort concerne la géographie des ventes. Selon les chiffres relayés par Vietnam.vn, les États-Unis ont dépassé la Chine pour devenir le premier débouché des cosmétiques sud-coréens, avec 2,2 milliards de dollars d’importations. Dans le même temps, les exportations vers la Chine ont reculé de 19 % à 2 milliards, tandis que le Japon occupe la troisième place à 1,1 milliard.
Ce basculement compte beaucoup. Pendant des années, la Chine a servi de marché prioritaire pour de nombreuses marques coréennes. Voir les États-Unis prendre la tête suggère une diversification réussie, mais aussi une capacité des acteurs coréens à adapter leurs produits et leur marketing à des consommateurs plus variés. Pour l’Europe, et donc pour la France, cela signifie que la K-Beauty n’est plus dépendante d’une seule zone d’influence asiatique pour soutenir sa croissance.
Point de contexte : Yonhap attribue explicitement cette performance à la popularité mondiale des contenus culturels coréens. La circulation de la K-pop, des K-dramas et plus largement de la Hallyu continue donc de jouer un rôle concret dans la vente de produits de beauté.
Une diffusion mondiale plus large, portée par de nouveaux marchés
Toujours selon Vietnam.vn, la Corée du Sud a exporté des cosmétiques vers 202 pays et territoires en 2025, contre 172 un an plus tôt. Ce gain en couverture montre une internationalisation plus large que le seul triptyque États-Unis-Chine-Japon. Parmi les progressions mises en avant, la Pologne aurait bondi de 115 %, tandis que les Émirats arabes unis auraient progressé de 70,6 %.
Pour les observateurs du marché, cette extension vers de nouveaux pays est souvent aussi importante que le montant total exporté. Elle réduit le risque de dépendance à quelques grands marchés et permet aux marques coréennes de tester différents positionnements: premium en department stores, plus accessibles en e-commerce, ou encore très ciblés sur des communautés déjà familiarisées avec les routines asiatiques.
Ce que cela change pour l’image de la beauté coréenne en 2026
La première conséquence est symbolique: dépasser les États-Unis dans les exportations de cosmétiques place la Corée du Sud dans une catégorie réservée aux puissances historiques du secteur. La seconde est éditoriale pour des sites comme AsieTV: parler de K-Beauty ne revient plus seulement à lister des tendances skincare ou des produits viraux. Il faut aussi lire ce phénomène comme un fait économique, culturel et industriel qui redessine les équilibres mondiaux de la beauté.
La France, qui reste numéro un avec 24,3 milliards de dollars d’exportations selon les chiffres relayés par Vietnam.vn, conserve une marge très nette. Mais la montée coréenne montre que le centre de gravité de l’innovation perçue, notamment sur le soin du visage, s’est déplacé. Les grands noms français dominent encore par leur puissance globale; les marques coréennes, elles, imposent de plus en plus le rythme sur les textures, les usages et les attentes consommateurs.
Ressources utiles pour comparer ce qui fait le succès de la K-Beauty : voir une sélection de skincare coréenne sur Amazon · comparer des protections solaires coréennes. Pour approfondir le sujet, vous pouvez aussi relire notre guide complet du skincare coréen et notre dossier sur le gua sha.