17 juin 2026

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    Trente-et-un ans après leur dernière venue à Paris, 62 sumotoris ont combattu à l’Accor Arena les 13 et 14 juin 2026, à l’invitation du promoteur David Rothschild et d’AEG Presents. Le Tournoi de Paris 2026 marque aussi le centenaire de la Japan Sumo Association, et s’accompagne d’une série de cérémonies et de démonstrations organisées en marge des combats.

    Une diplomatie qui s’expose dans le dohyō

    Le sumo n’est pas un sport comme les autres : selon Yves Cadot, maître de conférences en langue et civilisation japonaises à l’université Toulouse-Jean-Jaurès, il s’agit d’une « technique nationale » pratiquée uniquement au Japon, inscrite dans le Kojiki et le Nihon shoki du VIIIᵉ siècle comme acte fondateur de la cour impériale.

    Le voyage à Paris prolonge une tradition diplomatique bien documentée : démonstrations dès 1854 face aux États-Unis pour « impressionner les Américains » lors de l’ouverture des ports, puis tournées en URSS en 1965 et en Chine en 1973 pour accompagner la normalisation des relations pendant la guerre froide. La venue de 2026 s’inscrit dans la même logique de soft power, avec l’image du « cool Japan » mise en avant par Tokyo.

    Hoshoryu, Onosato et la logistique du symbole

    L’affiche met en avant Hoshoryu et Onosato, figures de la première division. Le déplacement lui-même a valeur de signal : la délégation voyage sur deux avions distincts à bord de Japan Airlines — précaution expliquée par le gabarit des lutteurs, et la compagnie est, selon Les Echos, la seule dont les masques à oxygène sont adaptés.

    Plus de 25 000 spectateurs ont assisté aux deux journées. La grande finale et la remise des trophées ont eu lieu dimanche 14 juin. Le Tournoi rend aussi hommage à la filiation franco-japonaise du sumo : la France avait déjà accueilli des tournois en 1986 puis 1995, sous l’influence de Jacques Chirac, et remet chaque année la Coupe de l’Amitié Franco-Japonaise à un lutteur d’exception.

    Pourquoi ce retour vient maintenant

    Le timing n’a rien d’anodin. La Maison de la culture du Japon à Paris et la Japan Sumo Association présentent l’événement comme un centenaire à marquer, et le retour du grand sumo à Paris — pour la première fois en 31 ans — comme un message adressé au public européen, dans une Asie où la Chine reste la première puissance régionale. La tournée devient ainsi un acte de diplomatie culturelle, et pas seulement une carte postale sportive.

    Ressource à comparer : pour prolonger le sujet, des livres sur l’histoire du sumo et du Japon sont disponibles sur Amazon.

    Sources